Domestique

Domestique — Société : sentiments ; habitat / Patrimoine : architecture — Adj. et n. masc. Homme sweet homme

 

  1. Texte de Philius Sextus, IIe siècle, licteur de Condat

    Qu’est-ce que la maison ?

    La maison (domus) est l’espace que l’on construit pour mettre en œuvre notre singularité adulte.
    L’enfant n’a pas de maison en propre, il est à résidence chez ses parents.
    Grandir, mûrir, c’est quitter la maison, et en fonder une autre. Il ne s’agit pas de la renier, bien au contraire, il s’agit d’en prélever une part — la part de l’enfant qui devrait rester pour toujours avec soi — ce sourire des yeux qu’ont certains anciens (l’enfance apparaît sous la peau érodée) par exemple.
    L’âge adulte n’est pas un idéal, ou un état supérieur à l’enfant : il est la continuité, la saison suivante. Si on ne franchit pas l’âge de l’enfance, si on reste cantonné à ne pas s’établir, c’est-à-dire fonder son foyer propre, c’est-à-dire transmuter le souvenir nostalgique en part de soi propulsive (jacta), on se condamne à un grand écart dans l’approche de la mort — qui est le terme obligé et nécessaire.

    Toute la vie balance dans ce triple topos de la maison, de l’ailleurs et du sauvage. L’équilibre, c’est précisément la vie, le juste point entre les trois, loin des nuits agitées, des larmes intempestives, des colères rongeant.

    Anonyme — bibliothèque

 

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