Fraternelle

Fraternelle (la) — Société : villes et villages ; institution ; travail | Culture : musique ; littérature ; cinéma Topon. fém. Maison du Peuple

 

  1. L’association La Fraternelle à Saint-Claude fait revivre, depuis 1984, la Maison du Peuple de Saint-Claude. Ce bâtiment de 4000 m2 est aujourd’hui un espace culturel et artistique, lieu de mémoire, de diffusion et de création contemporaine implanté au cœur de la ville et du Haut-Jura.

    À Saint-Claude, dans les années 30, la crise industrielle touche presque toutes les usines : la pipe est un produit de luxe. L’opposition gauche-droite est partout. La guerre s’annonce de jour en jour un peu plus. La « Frat’ » (comme on l’appelle) qui représente la solidarité est partout : épiceries, boucheries, cafés, pharmacie, cinémas : maison du Peuple, à gauche ; variétés, à droite.

    Mais la Frat’ c’était surtout un système méticuleux de protection sociale, quelque chose de tout à fait nouveau. Pour une somme modique, on avait enfin une assurance chirurgicale qui couvrait les accidents du travail. La Sécurité sociale n’existant pas encore, c’était capital. Avant cela, l’instituteur du village gérait une assurance aléatoire.

    Dans tous les villages, la Frat’ avait ouvert au moins un magasin, où l’on trouvait de tout, avec un gérant. Ainsi à Cinquétral, « l’Henri de la Frat’ » veillait aux commandes, aux livraisons et aussi aux comptes des clients et surtout des sociétaires. On avait un livret, « le livret de la Frat’ », qu’il tenait méticuleusement. À partir du 2 de chaque mois, il « comptait les livrets », et avertissait des dangers des dépenses excessives !

    Tout ce qui se vendait à la Frat’ était beaucoup moins cher qu’ailleurs. Il arrivait souvent que des clients de la Marius (gérante de la coop de droite !) nous demandent de leur prendre en douce quelque chose à la Frat’ … surtout quand il y avait des réclames !

    C’est sûr, c’est grâce à la Frat’ que nos mères ont réussi à boucler leur petit budget pendant toutes ces années dures et que s’est installée dans leur vie, avec l’assurance, un minimum de sécurité.

    Mais aussi, au village, pour les élections, dans les familles et dans les bistrots (les « blancs » comme les « rouges ») dans les deux cercles « blancs et rouges », quelles discussions ! Nous les gosses ont suivait cela, on savait tout, on comprenait tout… on avait dix ans et déjà une « culture » politique et sociale !

    Yvonne Millet — bibliothèque

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