Vouivre

Vouivre — Nature : faune, eau, milieux naturels | Société : habitat, sacré, sentiments | Culture : légendes N. masc. Zone humide, et revers

 

  1. Elle parlait d’une voix jeune et sonore, enrichie par l’accent jurassien aux voyelles largement ouvertes, claires comme un pain blanc où les consonnes mordent avec décision.

    […]

    La Vouivre à plat ventre sur un tas de roseaux, en train de prendre le soleil à cul nu et sa robe à côté d’elle avec son rubis, oui bien.

    Marcel AyméLa Vouivre

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  3. Dernier parking avant la plage.

    FB — bibliothèques

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    Paolo UcelloSaint-Georges et le dragon
     

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  7. Bleu Vouivre,

    J’ondule comme une vaste et puissante houle. J’apparais comme un paysage calme et rond. Je me love, trop immobile pour que votre regard me repère quand il parcourt la surface du terrain. Je me fonds aux reliefs des combes. Ne vous y fiez pas trop cependant ! En réalité mes courbes attestent que je suis fille de Vouivre.

    Il fut un temps où le ciel n’était que brume, infiniment gris au-dessus d’un sol terne et plat. Ma conscience ophidienne ne pouvait s’accommoder de cette monotonie. Mon corps glisse, infiniment lisse, mais je porte au secret de mon palais des crochets aiguisés. Ma nature tend à l’aspérité.

    J’ai taillé des dents au sommet des crêts. J’ai sculpté des saillies en crocs acérés sur le moindre relief. Avec ce peigne titanesque j’ai brossé le ciel. J’en ai retiré, lambeaux après lambeaux, tout le voile occultant. Derrière se cachait un ciel éclatant.

    J’y ai dérobé des reflets bleus et je les ai partagés avec la neige, colorant chaque inégalité, trou ou bosse.

    Je viens du fond des temps. J’en connais toutes les inconstances et les mouvements. Déjà j’anticipe la fonte inéluctable des neiges. Je distribue ce bleu obstinément, sans me laisser rebuter par la difficulté à colorer une neige passagère. Malgré l’assurance d’un inéluctable effacement, chaque hiver je reviendrai.

    De mon repère de la combe de Tressus, je recommence encore et encore. J’ignore vers quel océan ira le ruisseau né de la neige mais qu’importe puisque je sais qu’il y portera du bleu.

    Jacques Besson — séances perpétuelles

 

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